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Option quotidienne : alors que le gouvernement revoit ses ambitions à la baisse, les villes n’attendent pas pour agir !

Ce mardi, le Ministre de l’Agriculture présentait le volet “Se nourrir” du projet de loi qui fait suite aux recommandations de la Convention Citoyenne sur le Climat (CCC). Il propose une option végé quotidienne uniquement facultative, contrairement aux demandes de la Convention. Qu’à cela ne tienne : de plus en plus de villes décident de prendre les devants, en végétalisant dès à présent les menus servis en restauration collective.

par Sarah Champagne - 10 décembre 2020

Suite aux dernières élections municipales, la fracture territoriale dans les cantines scolaires devrait s’accentuer entre les grandes métropoles et les plus petites collectivités, comme en attestent les engagements des nouvelles et nouveaux élu·e·s d’une quinzaine de grandes villes aux côtés de l’AVF : formation des cuisinier·e·s, éducation alimentaire, 2e repas végétarien, option quotidienne, baisse des grammages de viande, etc. Cela signifie que la qualité des repas servis aux enfants risque de dépendre essentiellement des moyens et de l’orientation politique des nouveaux conseils municipaux, alors même que la démocratie alimentaire fait partie des sujets importants de notre République, au-delà des couleurs politiques des un·e·s et des autres.

Un projet de loi loin d’être à la hauteur des enjeux écologiques

En raison de l’impact environnemental important de l’élevage et des risques qu’une surconsommation de viande fait peser sur la santé humaine, les citoyen·ne·s de la CCC avaient proposé qu’une option végétarienne quotidienne soit servie dans toute la restauration collective publique dès 2022. Ce que des citoyen·ne·s et des ONG, comme l’AVF et Greenpeace, revendiquent depuis des années. Mais le gouvernement a une fois de plus vidé de sa substance une proposition de la CCC, en proposant que cette option végétarienne soit mise en place de manière expérimentale et uniquement sur la base du volontariat dans la restauration collective. Le gouvernement rate ainsi une occasion historique de fixer une ambition commune à toutes les collectivités et de les y accompagner pour l’atteindre, quels que soient leur taille et leurs moyens. Il vient de décider que l’accès à des repas plus sains, plus durables et plus inclusifs dépendrait du lieu d’habitation des élèves.

Des villes en pointe sur la transition alimentaire

C’est une décision hors-sol, qui contraste fortement avec la réalité de terrain. L’option végé quotidienne est déjà en place dans plus de 50 villes, et  “de nombreuses grandes villes s’y sont engagées suite aux élections municipales”, indique Elyne Etienne, responsable du pôle Végécantines de l’AVF. Laure Ducos, chargée de campagne agriculture et alimentation de Greenpeace France, déplore elle aussi le manque d’ambition du ministre : “cette mesurette ne fait aucun sens et le gouvernement a un train de retard”. Les cantines volontaires en la matière n’ont en effet pas attendu cette expérimentation pour prendre le tournant de la transition alimentaire. Hasard du calendrier, deux jours plus tôt, la ville de Montpellier annonçait la mise en place d’une option quotidienne accessible à tou·te·s les élèves dès la rentrée de janvier 2021. La capitale du département de l’Hérault devient ainsi la plus grande ville de France à proposer cette option, et d’autres communes de toutes tailles devraient végétaliser leurs menus prochainement. Nous reviendrons sur ces évolutions positives très bientôt, lorsque nous ferons le point sur les avancées acquises depuis quelques mois !

La végétalisation des menus, une nécessité sanitaire, économique et environnementale

Quant aux indicateurs proposés pour évaluer la mise en place facultative de cette option, ils n’indiqueront rien de plus que ce que l’on sait déjà. Proposer des options végétariennes améliore la diversité de l’alimentation des omnivores, aujourd’hui trop riche en protéines animales et insuffisamment équilibrée en ce qui concerne les fruits et légumes. Ces options permettent également à toutes les personnes ne mangeant pas de viande de pouvoir enfin bénéficier d’un repas équilibré pour le déjeuner.

Le gouvernement se prive ainsi d’une chance unique de proposer des repas inclusifs, en cohérence avec les nouvelles recommandations nutritionnelles. Par ailleurs, « les villes qui ont mis en place des menus ou options végé voient le gaspillage diminuer, la fréquentation augmenter, et la diminution de la viande leur donne davantage de moyens pour acheter des aliments de qualité », comme le précise Elyne Etienne. Enfin, une grande partie des établissements propose déjà un double choix chaque midi : il relèverait du bon sens que l’un d’eux soit végétarien, afin d’offrir une réelle diversité alimentaire et culturelle aux convives, dans une perspective de durabilité sanitaire et écologique. Et cela passe notamment par l’application des recommandations de la Convention Citoyenne pour le Climat, dans un esprit de transparence et de cohérence avec les engagements sociaux et environnementaux de la France.

 

Retrouvez notre communiqué en réaction aux propositions gouvernementales en question.