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Elections Régionales 2021 : Végétaliser notre modèle agro-alimentaire et en renforcer la résilience

Pour interpeller vos candidat·e·s, téléchargez ici nos propositions ainsi que le formulaire de soutien à leur transmettre !

Manger plus végétal, un enjeu de santé

L’alimentation joue un rôle primordial pour notre santé et notre bien-être. C’est d’ailleurs le rôle des pouvoirs publics que de veiller à ce que la population, et notamment les plus jeunes d’entre nous, ait accès à des aliments de haute qualité nutritionnelle, en accord avec les données scientifiques les plus récentes. Or, celles-ci ne cessent de pointer du doigt qu’il est urgent de végétaliser nos repas : l’OMS souligne les nombreux risques associés à la consommation de viande rouge et de viande transformée, tandis que le rapport 2015 du Dietary Guideline Committee américain fait du régime végétarien l’un des régimes de référence pour se maintenir en bonne santé. De même, l’ANSES a actualisé en 2017 ses recommandations nutritionnelles et préconise à présent de renforcer la consommation de fruits, légumes et légumineuses tout en limitant la viande et le poisson. En encourageant une population à végétaliser son alimentation, on réduit donc considérablement les risques de développer des maladies telles que le diabète ou les maladies cardio-vasculaires et on améliore par là-même la santé publique des citoyens.

 

Produire plus végétal, un enjeu écologique

Les chiffres démontrent par ailleurs que la végétalisation de notre alimentation est un des outils les plus efficaces pour lutter contre la crise écologique. En effet, au niveau mondial, l’élevage est responsable à lui seul de 18% de nos émissions de gaz à effet de serre, soit plus que le secteur des transports. Les bovins sont les plus gros émetteurs de gaz à effet de serre et leur élevage est responsable de l’utilisation de 80 % de l’espace agricole et de 36% de la consommation d’eau en France. Mais les autres viandes comme le porc et le poulet posent d’autres problèmes environnementaux : leur élevage est à l’origine de plus d’1/3 de la pollution de l’eau par les pesticides, l’azote et le phosphore. L’élevage intensif est aussi le principal responsable de la déforestation : ainsi, 91% de la surface détruite en forêt amazonienne aujourd’hui l’est pour libérer l’espace nécessaire au pâturage et à la production de soja destiné à nourrir le bétail. Les incendies qui ne cessent de ravager l’Amazonie, au Brésil, en sont la preuve : il faut mettre un terme à la déforestation. Cette forêt est en effet une réserve unique de biodiversité, elle sert de régulatrice naturelle du climat en ce qu’elle limite les épisodes de sécheresse en Amérique du Sud et absorbe 14% du CO2 mondial.

 

Pour lutter concrètement contre la destruction de la biodiversité et le dérèglement climatique, il est donc nécessaire de réduire notre consommation de produits animaux. Un soutien public d’envergure à l’agriculture végétale sur le territoire français permettrait de répondre à cette nécessité tout en assurant la sécurité alimentaire de la population. Cette mesure correspond d’ailleurs aux recommandations de la Convention Citoyenne sur le Climat, qui propose de réduire de 20% la consommation de viande et de produits laitiers et d’atteindre 100% d’autonomie en protéines végétales en France d’ici 2030.

Pour la préservation de la biodiversité et de notre santé, développons les filières agricoles végétales !

 

Une question de justice sociale 

Manger plus végétal est un enjeu de justice et d’égalité au sein du territoire français : contrairement aux idées reçues, plusieurs études démontrent que les foyers les plus aisés consomment moins de produits carnés et plus de fruits et légumes que les foyers les plus défavorisés. Cela est dû notamment aux recherches récentes évoquées ci-dessus et qui prouvent la nocivité, pour la santé, d’une consommation trop élevée de viande rouge. Ainsi, les ménages les plus aisés auront davantage de facilités pour modifier leurs habitudes alimentaires et s’orienter vers une alimentation plus saine, et plus écologique, et donc plus végétale. Par ailleurs, de nombreux enfants ne mangent déjà pas de viande pour des raisons de goût, des raisons philosophiques, des raisons confessionnelles, et se voient donc de fait démunis, en particulier dans les cantines, pour avoir un repas équilibré. Pour corriger les inégalités qui subsistent en matière d’alimentation entre les différents milieux sociaux, les pouvoirs publics territoriaux ont donc intérêt à agir pour que la part de protéines végétales consommées par les foyers les plus modestes ainsi que dans la restauration collective augmente, via divers outils que nous vous présenterons ci-après.

La végétalisation de notre modèle agro-alimentaire est aussi un acte de solidarité pour assurer la sécurité alimentaire dans d’autres pays. Manger plus végétal, c’est se montrer solidaire avec les pays du Sud. Les terres agricoles des pays riches étant insuffisantes pour y produire la nourriture consommée par les animaux d’élevage, les pays du Nord importent en très grande quantité des aliments produits dans les pays du Sud, qui empiètent sur leurs surfaces agricoles et compromettent leur possibilité de souveraineté alimentaire. Dans les pays du Sud, la culture d’aliments pour le bétail profite à de très gros propriétaires terriens, tandis que les petits paysans sont les victimes du modèle productiviste, par exemple en Amérique du Sud, où la culture du soja est un désastre écologique et social.

 

Des évolutions sociétales

Enfin, la végétalisation de l’agriculture et de l’alimentation est un levier central pour répondre à des attentes citoyennes de plus en plus fortes sur la condition animale. Nous avons toutes et tous pu le constater cette année : les revendications en faveur des animaux prennent de l’ampleur, comme en témoignent par exemple l’initiative pour un Référendum pour les Animaux ou les mesures gouvernementales pour le bien-être animal. En promouvant une alimentation moins carnée et en expérimentant des alternatives à une forme d’agriculture ayant un impact négatif sur la biodiversité, les collectivités ont là aussi un rôle à jouer en faveur d’êtres vivants non-humains.

 

Par conséquent, la volonté politique des élus territoriaux est absolument nécessaire pour bâtir des systèmes alimentaires résilients et justes d’un point de vue agronomique, économique, social et politique. Retrouvez ci-après les propositions de l’AVF pour une transition agro-alimentaire durable ainsi que notre charte à remplir. Ces propositions sont issues de nombreux partages de connaissances et d’expériences avec d’autres ONG écologistes comme le Réseau Action Climat, Greenpeace et Les Greniers d’Abondance. Comme indiqué entre parenthèses lorsque c’est le cas, certaines de ces propositions sont également soutenues par ces ONG, reflétant une attente citoyenne forte en matière de transition agro-écologique.